Salle Louis Beauduc : le lycée Gay-Lussac honore un maître de philosophie

Alors que le lycée Gay-Lussac de Limoges célébre ses 500 ans d’histoire, la salle H3 des khâgneux a pris le nom de Louis Beauduc. Plus qu’une inauguration, les 27 juin fut un moment de mémoire et de transmission, entre anciens et actuels, autour d’un professeur qui a marqué l’histoire du lycée et le cœur de ses élèves.


Un professeur, un ami de Jankélévitch

Né en 1903, Louis Beauduc a consacré toute sa carrière au lycée Gay-Lussac, de 1927 à 1969. Agrégé de philosophie, il entre à l’École normale supérieure en 1922 aux côtés d’un certain… Vladimir Jankélévitch. Entre eux, une amitié indéfectible, nourrie par une correspondance de plus de cinquante ans, publiée récemment. On y découvre deux philosophes dialoguant sur le monde, la guerre, la pensée, mais aussi sur l’art d’enseigner.

Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie actuel et initiateur de ce projet, le rappelait dans son discours :

« C’est l’amour de l’enseignement philosophique que Beauduc et Jankélévitch ont en partage et qui ne les a jamais quittés, pas même après leur retraite. »


Des souvenirs qui traversent les générations

Pour les élèves de Beauduc, son souvenir reste vif. Jean-Pierre Levet, agrégé de grammaire et ancien président de l’association, en a esquissé un portrait à la fois respectueux et malicieux. Il se souvient de ses cours en trois temps :

« Premier tiers : Beauduc interrogeait un élève en confidence, tandis que la classe vivait sa vie. Deuxième tiers : un brouhaha bon enfant accompagnait le commentaire de la leçon. Troisième tiers : dictée magistrale, silence total, chacun notant chaque mot. C’est à ce dernier tiers que je dois ma note de philosophie au bac ! »

Carricature du Professeur Beauduc en classe de philo par un élève facétieux

Des anecdotes qui font sourire, mais qui disent aussi l’essentiel : la trace qu’un professeur peut laisser dans les esprits, même des décennies après.


Une plaque, une mémoire vivante

La plaque inaugurée dans le hall des classes préparatoires n’est pas qu’un symbole. Elle inscrit dans la pierre la mémoire d’un professeur dont l’enseignement continue d’inspirer. Elle est le signe d’une mémoire partagée, entretenue par les Anciens de Gay-Lu et par l’actuelle communauté éducative. Une façon de rappeler que la philosophie n’est pas seulement une discipline scolaire, mais une manière de penser et de vivre.

27 juin 2025 – Pose de la plaque commémorative – Salle Beauduc – en présence, de gauche à droite : du Proviseur Jean-Marc Colombeau, de Guillaume Pigeard de Gurbert, Jean-Pierre Levet et de l’actuelle présidente des Anciens de Gay-Lu Elisabeth Cassagnolle.

« On en revient toujours à conclure que la classe de philo serait l’unique antidote. »
– Lettre de Louis Beauduc à Vladimir Jankélévitch, Limoges, 30 décembre 1977.

📌 À retenir

  • Louis Beauduc a enseigné plus de 40 ans au lycée Gay-Lussac.
  • Il fut le condisciple et l’ami de Jankélévitch.
  • Sa mémoire est désormais honorée par une salle qui porte son nom.

« Honorer la mémoire de Louis Beauduc, c’est rappeler que la philosophie n’est pas seulement une discipline scolaire, mais une manière de vivre et d’espérer. »

Retour sur la conférence donnée par Guillaume Pigeard de Gurbert en 2017.

L’intégralité des discours de Guillaume Pigeard de Gurbert et de Jean-Pierre Levet sera publiée dans le Bulletin annuel 2025 de l’association (parution en novembre).


La salle Louis Beauduc est désormais un pont entre générations : un lieu où la mémoire d’un maître se transmet aux élèves d’aujourd’hui et de demain.

Et à l’heure des 500 ans du lycée Gay-Lussac, cet hommage prend une résonance particulière : il relie passé et présent, et rappelle qu’à travers ses maîtres, ses élèves et ses valeurs, l’histoire du lycée s’écrit toujours au présent.

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